Les parents du pilier de la défense suisse et d'Arsenal, Zorica et Julian Senderos, s'installent en Suisse en 1977, juste après s'être mariés en Espagne. Leur parcours est identique à celui de milliers d'Espagnols, Italiens ou Portugais, ces immigrés de la première vague. Trente ans après leur arrivée, ils continuent à parler le castillan en famille, même si les deux enfants, Julien et Philippe, ont très rapidement appris le français.
Dans ce vieil immeuble de la rue Liotard, au c½ur du quartier de la Servette, les deux garçons reçoivent une éducation «saine», basée sur le respect d'autrui et la discipline librement consentie. Jamais le moindre sou d'argent de poche... Ils héritent de la volonté du père de grimper l'échelle sociale.
De la garderie aux diverses sélections suisses juniors, Philippe Senderos s'est toujours affirmé en leader naturel: «Sûr de lui sans jamais être arrogant», disent les parents. Lorsqu'il rentre déçu du championnat d'Europe des moins de 16 ans en Angleterre, Philippe clame: «L'an prochain, nous gagnerons.» Effectivement, en 2002, au Danemark, la Suisse devient championne d'Europe des moins de 17 ans. Mais le défenseur et capitaine de l'équipe n'a pas oublié les études. «Il est parti avec son cartable au Danemark. Entre le sport et les études, il a toujours vécu comme un moine», se rappelle Zorica. Senderos a toujours été un perfectionniste dans l'âme. Il maîtrise couramment le français, l'espagnol et l'anglais, et se débrouille en allemand et en italien! Cinq langues, de quoi conquérir toute la planète foot...